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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 22:50

 

La pilule va «favoriser davantage les amours illicites et ébranler les assises de la famille», déclarait en 1966 un député gaulliste...

 

Le 31 janvier 1999 des milliers des personnes avaient manifesté dans les principales villes de France contre le pacs, beaucoup d’entre elles défileront à nouveau dimanche prochain contre le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Ces manifestations d’hostilité s’inscrivent dans une longue tradition d’opposition aux avancées sociétales et aux droits sexuels et reproductifs.

Pilule. Lorsqu’en 1966 les premières propositions de loi relatives à la contraception furent présentées au Parlement, les arguments utilisés étaient pratiquement les mêmes que ceux brandis aujourd’hui contre le mariage pour tous. Ainsi, un député gaulliste affirmait à l’époque que «la pilule allait favoriser davantage les amours illicites et ébranler les assises de la famille». Non seulement la famille mais la Nation toute entière se trouvait menacée, selon les élus conservateurs: «Une flambée inouïe d’érotisme entretenue et attisée par la propagande politique en faveur des techniques anticonceptionnelles hormonales menace notre pays.» Pourtant, une majorité de Français (57%) était favorable à la mise en vente de contraceptifs, comme aujourd’hui elle est favorable au mariage pour tous.

L’Eglise catholique était à l’époque, comme maintenant, la principale opposante au projet de loi. L’encyclique Gaudium et spes de 1965 précisait que «l’amour conjugal est trop souvent profané par l’égoïsme, l’hédonisme et par des pratiques illicites entravant la génération», et l’encyclique Humanae Vitae rappelait que «l’amour conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie» car il existe un»lien indissociable entre le mariage et la procréation».

IVG. La «fin de la civilisation» et la «pente savonneuse» allaient être aussi des arguments avancés lors du débat sur l’IVG. Le député catholique Pierre Bas s’exclamait en 1974 : «C’est changer de civilisation, effectivement qu’écrire dans notre droit que le fort peut tuer le faible» et le député Perrut affirmait, «aujourd’hui, c’est l’avortement, demain ce sera la suppression d’un enfant victime d’un handicap, après demain l’euthanasie…». Quant au député Jacques Médecin, il n’hésitait pas à prophétiser : «En France, comme partout, le commerce de la mort deviendra une spécialité lucrative d’avorteurs et d’avortoirs patentés où l’on se préoccupera de la revente des fœtus avortés, (…) où l’on procédera à des expériences dites scientifiques. C’est la barbarie organisée par la loi comme elle le fut, hélas il y a trente ans par les nazis en Allemagne.»

Ceux et celles qui s’opposent aujourd’hui à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe (et qui défileront demain contre l’euthanasie), sont les mêmes qui se sont opposés hier au divorce, à l’égalité entre les enfants nés hors-mariage et dans le mariage, à l’éducation sexuelle dans les lycées, à l’autorité parentale partagée, à la dépénalisation de l’homosexualité, à l’assistance médicale à la procréation, au pacs ...

Si les évêques se disent aujourd’hui hostiles à l’homophobie, il faut rappeler qu’en 2004 la Conférence épiscopale s’est opposée au projet de loi réprimant les propos homophobes. Mgr Jean-Pierre Ricard jugeait ce projet de loi «inutile et dangereusement imprécis», en considérant de surcroit que «la volonté d'établir une surveillance et un contrôle du langage, notamment au nom de l’homosexualité, paraît contestable». Et si l’Eglise semble aujourd’hui prête à se rallier au pacs pour mieux s’opposer à l’ouverture du mariage, il ne faut pas oublier qu’en 1998  la conférence épiscopale s’est farouchement opposée dans ces termes :«Le risque du projet est que des tendances sexuelles particulières puissent devenir des références sociales à travers la portée symbolique de la loi.»

Les avancées sociales et sociétales ne furent jamais le résultat d’une concession des dominants ni d’un consensus; elles ont toujours été le fruit de la lutte politiques des groupes historiquement exclus et minoritaires. Comme dit l’Ecclésiaste : «Ce qui fut sera, Ce qui s’est fait se refera, Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.»

A l’heure des changements de société, la seule chose qui ne change pas, c’est la résistance à l’égalité. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe s’inscrit dans un projet de société égalitaire qui a toujours été violement attaqué par les autorités religieuses, les associations familiales catholiques et l’ensemble des forces conservatrices. Comme tout progrès de l’histoire, il se fera contre elles et sans elles…

 

 

Tribune de DANIEL BORRILLO, juriste, université de Paris Ouest/Nanterre paru dans Liberation


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Published by PS PLATEAUX CAUX CAILLY CANTON DE PAVILLY - dans Tribune
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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 21:10

Je veux que la République donne le droit à tous ceux qui s'aiment de se marier et d'adopter. Je veux l’égalité pour tous sans discrimination liée à l’orientation sexuelle. Je veux que tous les couples et leurs enfants, toutes les familles de France, soient reconnus, respectés et protégés.

 

mariage homo

 

Pourquoi les personnes homosexuelles n'ont pas le droit de se marier ?

Ces personnes du fait de leur attirance pour une personne du même sexe n’ont pour le moment pas les mêmes droits que des personnes hétérosexuelles. Cela peut laisser à penser qu’elles sont des "sous-personnes" où des citoyens de "seconde zone" car elles ne sont pas égales devant la loi.

Les personnes homosexuelles sont comme vous et moi, elles travaillent, paient des impôts, votent, sont élus, bref sont comme monsieur ou madame tout le monde, mis à part qu’elles tombent amoureuses de personnes du même sexe.

Je pense qu’il est normal qu’elles puissent s’unir par le mariage, ce qui en plus d’être un acte d’amour, pourrait par exemple permettre aux couples homosexuelles de bénéficier de la réversion de leur conjoint lors du décès de celui-ci.

Rassurez vous les personnes hétérosexuelles pourront toujours se marier.

Le mariage ne sera pas changé mais il sera ouvert.

 

 

"Le mariage c’est entre un homme et une femme et il ne faut pas toucher au code civil"

L’homme est le chef de la famille … c’est du moins ce que disait le code civil lors de sa création sous Napoléon en 1804. Heureusement, celui-ci a évolué en même temps que la société.

 

"Le mariage a pour but de fonder une famille"

Pas évidant quand on a un certain âge ou que l’on soit malheureusement stérile, sans oublier que certaines personnes ne veulent pas avoir d’enfant.

 

"Le mariage pour les couples homosexuel mènera vers la polygamie ou l’inceste"

L’homosexualité n’est pas un délit contrairement à la polygamie ou à l’inceste (seulement depuis 1982 ! avec des députés de droite de l’époque comme François Fillon qui ont voté pour le maintient du « délit d’homosexualité » …). A noter au passage que se marier avec son cousin germain (comme Christine Boutin) est autorisé en France.

Souvenons nous quand des opposants objectaient déjà que la liberté d’avorter (1975) allait conduire à une prolifération infinie du massacre des fœtus, que la famille allait disparaître avec l’instauration du PACS (1999), aujourd’hui c’est le mariage pour les couple de même sexe qui va mener selon certains à la polygamiel’inceste ou la zoophilie...

 

La religion, l'Etat et le mariage

Refuser le mariage aux personnes homosexuelles, c’est définir le mariage comme un sacrement religieux. Car le problème est bien là pour certains élus. Le mariage en tant que contrat entre un homme et une femme est une idée purement religieuse. Si ce n’est pas le cas d’une religion, un Etat ou un gouvernement a quant à lui le devoir de s’adapter en fonction de l’évolution de la société.

 

Comme l'a très bien dit Christiane Taubira, la ministre de la Justice "Nous ne touchons pas à la Biblenous touchons au Code Civil".

 

 

http://img.over-blog.com/193x146/0/13/58/83/homoparentalit__-homosexuel.jpg

 

En France, selon l’INED (Institut National d'Etudes Démographiques), entre 24 000 et 40 000 enfants vivent déjà dans une famille homoparentale. C’est une réalité sociologique.

 

 

"Un enfant à besoin d’un père et d’une mère"

 

C’est l’argument que l’on entend en boucle dans les médias de la part des opposants à l’adoption d’enfants par des couples du même sexe.

 

Pourtant ce n’est pas le cas pour le parent vivant avec une personne qui n’est pas le parent de l’enfant. Idem pour les parents célibataires qui vivent seul, l’enfant n’a pas de père ou de mère sous le même toit. 

 

L’argument, qui affirme qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère pour se construire occulte les problèmes posés par la famille dites nucléaire («familles, je vous hais»), par les ruptures de couples (familles monoparentales, recomposées) ainsi que l’état de fait actuel des dizaines de milliers d’enfants déjà élevés par des couples homosexuels.

 

Cet argument tient à l’évidence de l’idée reçue et du préjugé, et n’a pas de fondement dans le concret des situations réellement vécues. Il faudrait refuser à un couple homo équilibré de s’occuper d’enfants, alors qu’il y a malheureusement tant d’enfants maltraités et abusés.

 

 

"Que vont dire les autres enfants à l’école !"

 

Autre argument entendu souvent sur la vision des enfants concernant des camarades de classes ayant deux parents de même sexe. Et alors ? dans le temps, que devait on dire des enfants de divorcés !

 

Les enfants ne sont pas toujours tendre. Si un papa ou une maman est habillé de façon sortant un peu de l’ordinaire ou qui est en surpoids par exemple, les enfants peuvent être moqueurs.

 

Et si un enfant a deux parents cousins germains ! que vont dire les autres enfants à l’école ! Oh je n’ose imaginer les moqueries…

 

 

La place de l’enfant ?

 

C’est malheureux à dire, mais dans certaines situations, il vaudrait mieux que l’enfant ne voit plus son père, sa mère ou bien les deux plutôt que d’être mis en danger ou bien carencés.

 

Avoir deux parents, de même sexe ou pas, du moment qu’ils s’occupent correctement de l’enfant est le plus important. 


 

"L’enfant manquera un repère masculin ou féminin"

 

Autre argument entendu. Pourtant, dans leur entourage, les personnes homosexuelles, hommes ou femmes, ont de la famille du sexe opposé, parents, frère, sœurs ou bien des amis avec qui l'enfant aura des liens, ainsi celui-ci n'aura pas uniquement des personnes du même sexe comme repère. De notre côté nos « modèles » ne sont pas uniquement nos parents (lorsqu’on a les deux).

 

En France, une personne célibataire peut adopter un enfant. Faudrait il interdire ce droit car il n’y a pas de deuxième parent ?

 

Si cette personne célibataire, se met en couple avec une personne du même sexe, des liens peuvent se créer avec l’enfant adopté, que ce soit dans son éducation, dans les moments passés ensemble…

 

Si la personne étant reconnue comme le parent de cet enfant était amené à disparaître, il y aurait un risque pour l’enfant d’être coupé du lien créé avec celui ou celle avec qui il vit.

 

Une loi sur l’adoption pour ouvrir l’adoption aux couples homosexuelles permettrait simplement de donner un cadre légal à ces familles, de protéger les droits de ces enfants, notamment en cas de séparation ou de décès de l’un de leurs parents.

 

Je rassure les opposants à l’adoption pour les couples de même sexe,  on ne va pas donner « comme cela » des enfants à des couples homosexuelles. Les conditions pour adopter sont déjà très encadrer et elles le resteront tout autant.

 

N’en déplaise à Madame Boutin, je pense qu’un enfant peut aussi bien évoluer avec deux parents de même sexe ou deux parents cousins germains.

 

 

Arnaud MOUILLARD

 

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Published by PS PLATEAUX CAUX CAILLY CANTON DE PAVILLY - dans Tribune
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